Le ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, a présenté lundi le IIIe Plan d'action national Femmes, Paix et Sécurité 2025-2030, un instrument central de l'action extérieure espagnole et l'un des éléments fondamentaux de la politique étrangère féministe. Ce plan est le fruit d'un travail coordonné entre treize ministères et d'un processus de dialogue permanent avec des organisations féministes, des réseaux de femmes médiatrices, des défenseuses des droits humains et des acteurs internationaux.
Le ministre a commencé son intervention en évoquant l'escalade de la violence au Moyen-Orient après l'attaque des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui « menace de déstabiliser une région qui traverse déjà une période particulièrement délicate ». Il a défendu le fait que l'Espagne a toujours rejeté la violation des droits humains par le régime iranien, mais que la réponse ne peut être d'ajouter la violence et la guerre à l'injustice.
Lors de la présentation du plan, M. Albares a souligné que « la paix et la sécurité ne peuvent être durables que lorsque les femmes participent pleinement à la prise de décision et que leurs droits sont intégrés à toutes les phases de la prévention, de la gestion et de la résolution des conflits ». Le ministre a insisté sur le fait que « sans l'inclusion des femmes, il n'y a pas de paix » et que l'égalité et la perspective de genre sont des éléments essentiels de toute architecture de sécurité internationale efficace.
Réponse à la détérioration des droits
Le lancement du Plan intervient dans un contexte international marqué par une augmentation historique du nombre de conflits armés, la détérioration de l'espace humanitaire et des reculs significatifs en matière de droits des femmes et des filles. La violence sexuelle dans les conflits, les déplacements forcés, la perte d'accès à l'éducation et à la santé, et l'exclusion des femmes des processus de paix restent des défis urgents dans de nombreux contextes.
Le ministre a souligné que ces crises ne sont pas étrangères à la sécurité et à la stabilité mondiales, et a insisté sur le fait que « l'érosion de l'égalité et la violation des droits des femmes ont un impact négatif sur la solidité des institutions démocratiques ». Le nouveau plan répond à ce contexte par une feuille de route qui combine prévention, protection, participation et action humanitaire dans une approche sexospécifique.
Cinq axes d'action prioritaires
Le IIIe Plan d'action national Femmes, Paix et Securité s'articule autour de cinq axes d'action.
Premièrement, il renforce la prévention des crises et des conflits, en promouvant la diplomatie préventive et la participation paritaire à la prise de décision.
Deuxièmement, il encourage la participation pleine et sûre des femmes aux processus de paix, de médiation et de désarmement.
La troisième ligne d'action donne la priorité à la protection des droits humains des femmes et des filles, avec une politique ferme de tolérance zéro envers la violence sexuelle.
Quatrièmement, le Plan garantit l'intégration de la perspective de genre dans l'action humanitaire, y compris l'accès à la santé sexuelle et reproductive.
Enfin, le Plan consolide l'institutionnalisation de l'Agenda Femmes, Paix et Sécurité dans l'ensemble de l'administration, en garantissant la cohérence et la continuité de sa mise en œuvre.
Un plan à vocation mondiale
Le nouveau plan s'inscrit dans le cadre de l'Agenda Femmes, Paix et Sécurité promu par le Conseil de sécurité des Nations Unies depuis l'adoption de la résolution 1325 il y a déjà 26 ans. Ce cadre normatif a été renforcé par des résolutions ultérieures et par la Déclaration et le Programme d'action de Pékin, qui fête cette année ses 31 ans. Cet agenda attribue des responsabilités claires aux États et à la communauté internationale afin de garantir la participation pleine et sûre des femmes et de protéger leurs droits dans des contextes de violence et de fragilité, comme l'a rappelé le ministre dans son intervention.
L'Espagne a été l'un des premiers pays à adopter un plan d'action national en 2007 et, depuis lors, elle a contribué activement à consolider cet agenda dans le système multilatéral. Notre pays maintient un engagement permanent auprès d'ONU-Femmes, de l'UNICEF, du PNUD et soutient des programmes essentiels en matière de santé sexuelle et reproductive et de prévention de la violence sexuelle.
Les 2 et 3 juin, l'Espagne accueillera la Conférence ministérielle sur la politique étrangère féministe, une rencontre destinée à renforcer les engagements, à rallier des alliés internationaux et à faire progresser la promotion des droits des femmes et des filles dans le monde entier.
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—TRADUCTION NON OFFICIELLE—