Le ministre des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, a inauguré ce mardi la « Conférence ministérielle sur la politique étrangère féministe : construire la paix et la démocratie », un rendez-vous international de haut niveau dont l’Espagne accueille la cinquième édition. Cette conférence réunit des ministres, des représentantes de ministères d’une soixantaine de pays du monde entier, ainsi que 150 organisations de la société civile, des mouvements féministes et des hauts responsables de l’ONU.
« Nous avons besoin d’une politique étrangère féministe pour changer le monde, pour en faire un endroit plus pacifique, plus démocratique et plus juste », a déclaré le ministre lors de l’inauguration de l’événement, car « défendre l’égalité à travers une politique étrangère féministe, c’est aussi défendre la démocratie ». La cinquième édition de cette conférence internationale est consacrée à la paix et à la démocratie car « l’égalité et la justice de genre sont profondément liées à la paix et à la démocratie : lorsque la paix et la démocratie reculent, la discrimination, l’inégalité et l’injustice à l’égard des femmes progressent », a expliqué M. Albares.
Le ministre a défendu la nécessité d'une politique étrangère féministe « car la violence est redevenue un outil de politique étrangère et ses premières victimes sont toujours les femmes », faisant référence à la remise en cause croissante des droits des femmes ou à la privation de droits dont souffrent les femmes et les filles dans différentes régions du monde, qui ne voient pas leurs droits à la santé, à l'éducation, à la participation à la vie publique ou à la sécurité garantis.
Des représentants de haut niveau des Nations Unies
L’intervention inaugurale d’Albares a été suivie des allocutions de Sima Bahous, directrice exécutive d’ONU-Femmes ; Tom Fletcher, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies ; Diene Keita, directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) ; et Pramila Patten, secrétaire générale adjointe et représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles en période de conflit.
De même, Lina Abou-Habib, directrice de l’Asfari Institute for Civil Society & Citizenship, représentant le Comité de la société civile constitué pour conseiller cette conférence, et la ministre déléguée française chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Eléonore Caroit, représentant le pays qui a accueilli la précédente édition de cette conférence internationale, sont intervenues lors de l’inauguration.
Séances plénières sur la paix, la démocratie et le financement
Après la séance d'ouverture, deux séances plénières ont eu lieu. La première, qui donne son titre à la conférence, « Paix et démocratie face aux défis du XXIe siècle : une action extérieure féministe », s’est concentrée sur la mise en valeur de l’égalité des genres comme moteur pour renforcer la démocratie et la paix, tandis que la seconde, « Financer l’égalité : priorités pour une coopération féministe et un développement inclusif et durable », a été consacrée à l’une des grandes contributions de l’Espagne au développement de la politique étrangère féministe.
Dans le prolongement des débats de la Conférence internationale sur le financement du développement de Séville en 2025, cette séance plénière d’aujourd’hui a abordé la réforme des systèmes de financement sous un angle féministe, en analysant leur rôle dans la promotion de l’égalité des sexes, les défis structurels et la nécessité de stimuler des investissements qui profitent effectivement aux femmes et aux filles.
Partenariat stratégique avec le Fonds des Nations Unies pour la population
En marge de la conférence, le ministre Albares a profité de l'occasion pour tenir une réunion de travail avec Diene Keita, directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), avec laquelle il a signé un cadre de partenariat stratégique pour la période 2026-2029, qui renforce le rôle de l'Espagne en tant que partenaire stratégique du Fonds.
Ce cadre souligne la nécessité de préserver et de renforcer le mandat normatif, opérationnel et humanitaire du FNUAP. À cette fin, il renforce la cohérence, la prévisibilité et l’impact de la coopération espagnole avec le Fonds, afin de faire progresser l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles, garantir l'accès à la santé et aux droits sexuels et reproductifs, et promouvoir des politiques démographiques et de développement fondées sur des données factuelles, les droits de l'homme et le principe de ne laisser personne de côté.
Deux journées de débats
La première journée de la Conférence ministérielle sur la politique étrangère féministe a également été marquée par le dialogue de haut niveau « Vers l’égalité et la parité substantielles : leaderships féministes et action politique pour l’égalité des sexes dans la politique étrangère et le multilatéralisme », axé sur l’analyse des obstacles au leadership des femmes, l’intégration de la perspective de genre dans l’action extérieure et les conditions nécessaires pour progresser vers une plus grande représentation et un leadership féministe.
Le programme de la conférence se poursuivra demain, mercredi 3 juin, avec une journée complète comprenant deux séances plénières, dix séances parallèles et la séance de clôture.
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—TRADUCTION NON OFFICIELLE—