Le ministre des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, a participé ce mardi au Forum de Varsovie sur la sécurité, où il a défendu la position de l’Espagne en faveur de la préservation, du renforcement et de la réforme du système multilatéral, avec le droit international comme pierre angulaire, dans un contexte de profonde transformation de l’ordre international. Il a également souligné le rôle essentiel qu’une Union européenne plus souveraine doit jouer dans cette évolution. En marge du Forum, le ministre s’est entretenu avec son homologue polonais, Radosław Sikorski.
« La véritable question n’est pas de savoir si un changement se profile à l’horizon. Le changement est déjà en cours. La véritable question est de savoir si cette transformation sera régie par le droit international et la coopération, ou par la coercition et les sphères d’influence », a déclaré le ministre lors de son intervention à la table ronde intitulée « Quel avenir après l’ordre international libéral ? ».
Un forum de référence
Lors de cette table ronde, le ministre a échangé avec ses homologues ukrainien, Andrii Sybiha, et estonien, Margus Tsahkna, ainsi qu’avec le sénateur républicain américain Roger Wicker et l’ancienne ministre islandaise des Affaires étrangères, Þórdís Kolbrún Gylfadóttir, actuellement envoyée spéciale du Conseil de l’Europe pour la situation des enfants ukrainiens.
Devenu un rendez-vous incontournable des débats sur les questions de sécurité, le Forum de Varsovie sur la sécurité vise à favoriser un dialogue institutionnel de haut niveau afin de coordonner les politiques de défense, de renforcer la dissuasion, d’améliorer la résilience démocratique et d’anticiper les menaces hybrides. Les discussions portent notamment sur la guerre en Ukraine, la cybersécurité et la sécurité énergétique. Cette édition rassemble plus de 3 000 participants issus de plus de 90 pays, dont 5 chefs de gouvernement et plus de 30 ministres.
Ukraine
Lors de son intervention, Albares a insisté sur la nécessité de préserver à tout prix les principes et les règles qui encadrent le recours à la guerre, notamment l’égalité souveraine des États, l’intégrité territoriale, l’interdiction du recours à la force ou de la menace d’y recourir, les droits humains et le règlement pacifique des différends. À cet égard, il a souligné que l’agression russe contre l’Ukraine mettait à l’épreuve le principe selon lequel les frontières et les décisions politiques des États souverains ne peuvent être modifiées par la force.
Le ministre a appelé à une paix juste et durable en Ukraine, assortie de garanties crédibles, qui ne récompense pas l’agression et respecte la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays.
Il a également plaidé pour un engagement plus résolu de l’Europe en faveur de sa propre défense, appelant à franchir une étape décisive vers une défense commune de l’Union européenne, qui contribuerait à renforcer l’OTAN. Il a notamment insisté sur la nécessité de disposer de capacités militaires mieux intégrées, d’une base industrielle de défense européenne plus solide et d’une véritable approche de la sécurité à 360 degrés. Celle-ci doit tenir compte des défis sécuritaires auxquels l’Europe est confrontée, tant à l’est qu’au sud, notamment les menaces hybrides et cybernétiques, ainsi que les risques pesant sur la sécurité économique et les défis environnementaux.
Rencontre bilatérale
En marge du Forum, le ministre s’est entretenu avec son homologue polonais, Radosław Sikorski, au siège du ministère polonais des Affaires étrangères. Les deux ministres ont évoqué les moyens de renforcer les relations bilatérales, fait le point sur les dossiers européens et échangé sur les principales questions internationales.
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—TRADUCTION NON OFFICIELLE—