Le ministre des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, a inauguré aujourd’hui, vendredi 31 octobre, l’exposition « La mitad del mundo. La mujer en el México indígena » (La moitié du monde. Les femmes dans le Mexique autochtone). Celle-ci est organisée par le ministère des Affaires étrangères, par l’intermédiaire de l’Agence espagnole pour la coopération internationale au développement (AECID), en collaboration avec le secrétariat à la Culture du gouvernement mexicain, par l’intermédiaire de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire du Mexique (INAH).
L’exposition rassemble 435 pièces qui seront présentées au cours des prochains mois dans quatre institutions de premier plan en Espagne : le Musée archéologique national, la Fondation Casa de México en Espagne, l’Institut Cervantes et le Musée national Thyssen-Bornemisza. Elle bénéficie également de la collaboration du ministère espagnol de la Culture, de l’Institut Cervantes et du Secrétariat général ibéro-américain (SEGIB). Plusieurs de ces œuvres sont exposées pour la première fois hors du Mexique.
Selon le ministre Albares, cette exposition intervient dans un contexte mondial marqué par les changements et les incertitudes, dans lequel « les liens solides et durables de confiance entre des peuples frères qui se savent et se sentent proches revêtent une importance capitale ». Lors de son intervention, le ministre a souligné l’étroitesse des relations entre le Mexique et l’Espagne dans les domaines commercial, économique, culturel, scientifique et humain. Il a également déploré les souffrances et les injustices infligées aux peuples autochtones auxquels cette exposition est consacrée, reconnaissant que cette réalité « fait également partie de notre histoire commune ».
Les femmes au cœur des communautés autochtones
Cette exposition est un projet binational qui vise à poursuivre le renforcement des liens entre l’Espagne et le Mexique en mettant en valeur l’importance historique des cultures autochtones et le rôle fondamental des femmes au sein des communautés autochtones mexicaines, en cette année 2025 qui leur rend hommage.
« Il s’agit de reconnaître ce qu’elles ont été et ce qu’elles sont. Nous revendiquons le passé de ces femmes, protagonistes de l’histoire, tout en affirmant leur présent et leur avenir : les cultures autochtones sont des cultures vivantes, au sein desquelles les femmes doivent occuper une place centrale », a déclaré le ministre Albares lors de l’inauguration. Il a invité le public à parcourir cette exposition, dont le commissariat est assuré par Karina Romero Blanco, qu’il a présenté comme « une porte ouverte sur la vie de femmes que l’on a trop longtemps cherché à maintenir dans l’ombre ».
Dans cette même perspective, Albares a rappelé que le Mexique et l’Espagne partagent une même volonté d’action à travers leurs politiques étrangères féministes respectives. Il a affirmé que cette exposition « ne constitue pas seulement un exercice de mémoire à faire ressurgir le passé et à lui donner de la visibilité, mais avant tout un engagement en faveur de ces valeurs de justice et d’égalité dans lesquelles nous nous reconnaissons, Mexicains et Espagnols. Elle permet également de porter ces valeurs qui nous sont si chères sur la scène internationale, sur ce chemin de justice que nous parcourons ensemble. ».
Dimension humaine et divine
Les quatre lieux accueillant l’exposition présentent différentes facettes de la condition féminine au sein des communautés autochtones du Mexique, à travers diverses formes d’expression artistique, notamment la céramique et les textiles. La section présentée au Musée archéologique national est consacrée à la dimension humaine. Elle explore la place des femmes autochtones dans la société, de l’époque précolombienne à nos jours, en abordant leur vie quotidienne (la famille, la communauté, l’économie et les rites) ainsi que leur accès à des positions de pouvoir.
La Fondation Casa de México en Espagne est, quant à elle, la dimension divine, en mettant l’accent sur le principe féminin dans la vision autochtone de l’univers, fondée sur la complémentarité et l’interdépendance des opposés. Cette partie de l’exposition s’articule autour de trois axes thématiques : « les deux parties du monde », qui explore la notion de dualité dans la vision autochtone de l’univers ; « l’ornementation du corps », qui propose une réflexion sur la conception du corps humain comme réceptacle d’énergies visibles et invisibles reflétant l’ordre cosmique ; et « la sacralité féminine », qui présente les divinités et les forces sacrées associées à la fécondité, à la création et à la destruction.
Récits tissés et figures de pouvoir
De son côté, l’Institut Cervantes aborde, la création textile comme une forme de langage et de narration visuelle permettant aux femmes autochtones de transmettre leur histoire, leurs valeurs et leur vision du monde. L’exposition « Historias tejidas » (Récits tissés) s’organise autour de quatre thèmes : la parure féminine, les instruments d’« écriture » textile, l’apprentissage et la transmission, ainsi que la narration textile.
Enfin, l’exposition « Señora Tz’aka’ab Ajaw, la ‘Reina Roja’ de Palenque » (Madame Tz’aka’ab Ajaw, la “Reine Rouge” de Palenque), présentée au Musée national Thyssen-Bornemisza, dévoile le mobilier funéraire de cette haute dignitaire maya du VIIe siècle et témoigne de l’influence considérable exercée par les femmes au sein des élites dirigeantes. L’exposition ne se limite pas à retracer l’histoire de la Reine Rouge : elle réaffirme le rôle central des femmes dans la civilisation maya en tant que détentrices du pouvoir, du savoir et de la légitimité.
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Les photos de la cérémonie sont disponibles
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—TRADUCTION NON OFFICIELLE—