Le ministère des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération a accueilli, les 7 et 8 avril, la première rencontre de think tanks africains et espagnols consacrée à l’autonomisation des femmes africaines et au programme « Les femmes, la paix et la sécurité ». Organisée par le secrétariat d’État aux Affaires étrangères et mondiales, en collaboration avec Casa África, cette rencontre s’inscrit dans le cadre de deux documents d’orientation politique et de planification de l’action extérieure adoptés l’année dernière par le gouvernement : le Guide de la politique étrangère féministe et le programme Foco África 2023, déclinaison opérationnelle du IIIe Plan Afrique (2019).
La directrice générale pour l’Afrique, Alicia Rico, a ouvert la rencontre en soulignant la volonté du ministère de créer des conditions favorables au rapprochement entre les instituts espagnols et africains et de les encourager à établir une coopération étroite. Le directeur général de la politique étrangère et de la sécurité, Federico Torres, a clôturé la rencontre en se félicitant qu’elle ait permis de poser les bases d’un réseau informel de centres de réflexion, appelé à constituer le socle d’un futur espace de réflexion afro-espagnol.
Au cours des échanges, les participants africains ont réaffirmé la nécessité de permettre aux acteurs du continent d’analyser eux-mêmes leurs propres réalités, rappelant que « la plupart des politiques visant à prévenir et à combattre la radicalisation au Mali et au Niger reposent sur des postulats rarement confirmés par la recherche ». Les intervenants sont par ailleurs convenus d’engager une nouvelle étape devant déboucher sur des projets de recherche conjoints, menés par des binômes de chercheurs africains et espagnols.
Le Guide de la politique étrangère féministe traduit l’engagement de l’Espagne en faveur d’une action plus efficace à l’appui des programmes féministes porteurs de transformations. L’une des principales conclusions des échanges a été la nécessité de disposer de travaux de recherche appliquée permettant d’orienter les actions de coopération et les politiques visant à favoriser l’autonomisation des femmes africaines, ainsi que celles qui s’inscrivent dans le cadre de la priorité « Les femmes, la paix et la sécurité ». Conformément au programme Foco África 2023, cette démarche ne peut être menée à bien que dans le cadre d’un partenariat entre Espagnols et Africains, fondé sur le respect mutuel, l’égalité et le rôle moteur des Africains dans la conduite de leurs propres processus.
Du côté africain, sept groupes ont pris part aux travaux : l’Institut d’études de sécurité (ISS), dont le siège se trouve à Pretoria et qui dispose de bureaux à Dakar, Bamako, Nairobi et Addis-Abeba ; l’Institut Timbuktu, basé à Dakar et avec des bureaux à Bamako et à Niamey ; l’Organisation pour la recherche en sciences sociales en Afrique orientale et australe (OSSREA), basée à Addis-Abeba ; le Groupe de recherche et d’analyse appliquées pour le développement (GRAAD), basé à Ouagadougou ; Consortium pour la recherché économique en Afrique (AERC), basé à Nairobi ; le Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (WANEP), basé à Accra ; ainsi que le Centre international Kofi Annan de formation au maintien de la paix (KAIPTC), également basé à Accra. Du côté espagnol, six institutions étaient représentées : la Fondation Alternativas, l’Institut Royal Elcano, CIDOB, OXFAM-Intermón, le Groupe d’études africaines (GEA-UAM) et l’Institut espagnol des études stratégiques (IEEE).
—TRADUCTION NON OFFICIELLE—