Le marquis de Villalobar, premier Ambassadeur d’Espagne en Belgique
 
En 1921, la Légation espagnole fut élevée au rang d’Ambassade et c’est M. Rodrigo de Saavedra et Vinent, IIe marquis de Villalobar,  qui fut le premier Ambassadeur d'Espagne en Belgique. Ses énormes efforts pour atténuer les ravages de la Grande Guerre (1914-1918) sur la population lui vaudraient une place de choix dans le coeur du peuple belge, qui lui rendrait hommage à sa mort avec des obsèques d'Etat, et lui dédièrent par la suite une rue à Bruxelles et un buste au Sénat belge. La Diplomatie espagnole conserve également en souvenir du marquis de Villalobar une statue à l'École Diplomatique de Madrid et une plaque commémorative à la Chancellerie de l'Ambassade d'Espagne à Bruxelles.
8/29/2017
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Ensuite, vous pouvez lire le discours prononcé par le professeur Truus van Bosstraeten, expert de la figure de Villalobar, devant le Sénat belge en 2017.
 
Le Défenseur des Belges: Le marquis de Villalobar et la Belgique pendant la Première Guerre Mondiale.
 
Don Rodrigo de Saavedra y Vinent, marquis de Villalobar, est né à Madrid le 4 janvier 1864. Malgré une enfance difficile à cause de maladies et de déficiences physiques, il put développer une carrière diplomatique florissante.  Entre 1890 et 1909, il fut Secrétaire aux Ambassades espagnoles à Washington, à Paris et à Londres, puis Ministre Plénipotentiaire à Washington (1909-1910) et à Lisbonne (1910-1913). En mars 1913, le marquis de Villalobar fut nommé Envoyé Extraordinaire et Ministre Plénipotentiaire de la Légation d’Espagne à Bruxelles. C’était une ville agréable, un ‘petit Paris’ comme on disait, avec de belles avenues, un poste diplomatique tranquille, l’idéal pour terminer sa carrière en beauté.
 
La Belgique était une nation petite et surtout neutre. Quand le 25 juillet 1914 l’Autriche lança un ultimatum à la Serbie, le marquis de Villalobar pensa que la Belgique n’avait rien à craindre. Apparemment, le marquis disait à son collègue américain Brand Whitlock: « En tout cas, ici à Bruxelles, nous aurons une loge confortable pour regarder le spectacle européen! ».  Par contre, quelques jours après l’ultimatum autrichien, il devint clair que, même pour la petite Belgique neutre, la guerre était inévitable. Le 4 août à six heures du matin, l’Allemagne déclarait la guerre à la Belgique. Le jour même, le marquis de Villalobar recevait un télégramme de son Ministre Lema, qui lui ordonnait de garder la plus stricte neutralité. Une attitude qui s’avéra vitale pendant les semaines et même pendant les années qui suivirent. Les troupes allemandes avançaient vite et le Roi des Belges et son gouvernement décidèrent de se retirer dans la ville fortifiée d’Anvers. A ce moment, le marquis de Villalobar et son collègue américain Brand Whitlock prirent une décision audacieuse. Avec le soutien de leurs gouvernements respectifs, ils allaient rester à Bruxelles en tant que représentants neutres, même si les autres diplomates suivaient le gouvernement belge à Anvers.
 



 
Le marquis de Villalobar avec le bourgmestre de Bruxelles, M. Adolphe Max, lors d’une visite des étals de fleurs de la Grand-Place, après la remise aux fleuristes des parasols envoyés par S.M. la Reine Victoria Eugenia (Photo Parfonry).
 
Quand le 17 août le Corps Diplomatique quitta Bruxelles, Villalobar et Whitlock s’occupèrent également des obligations des autres légations des pays belligérants.  A partir de ce moment, le marquis de Villalobar fut responsable des Légations française et russe, ce qui voulait dire qu’il défendait les droits des citoyens espagnols, français et russes en Belgique. À part ces responsabilités, en restant à Bruxelles, Villalobar et Whitlock s’engageaient également à protéger les Belges. Leur première action à cet égard consista à éviter que Bruxelles, une ville très difficile à défendre, soit envahie et détruite par les troupes allemandes. Ils discutèrent avec le maire de Bruxelles, Adolphe Max, la possibilité de céder la ville aux Allemands sans bataille. Grâce à leur intervention, Adolphe Max pouvait arranger avec le gouvernement belge la cession de Bruxelles et ainsi sauver la vie de milliers de Bruxellois.
 
Au début de la guerre, il devint clair que le ravitaillement de la Belgique poserait de graves problèmes. Le pays était dépendant de l’importation des denrées alimentaires, mais à cause du blocage par les Alliés, le danger d’une famine générale en Belgique était réel. Afin d’organiser le ravitaillement, le Comité National de Secours et d’Alimentation et la Commission for Relief in Belgium furent fondés. Le CRB était chargé de rassembler l’aide alimentaire en Amérique et de la transporter en Belgique, via Londres et la Hollande. Le CN était responsable de la distribution de farine, etc. en Belgique. C’est surtout le rôle du marquis de Villalobar en tant que Ministre protecteur du Comité National qui a été crucial. Grâce à son attitude neutre et aux liens d’amitié qu’il entretenait avec les pays de l’Axe et les Alliés, il a pu, pendant les quatre années que dura la guerre, négocier constamment la survie de cette organisation. Les Alliés voulaient supprimer le Comité National, parce que les Allemands ne donnaient pas toujours les garanties nécessaires et qu’ils craignaient que ce soient les troupes allemandes et non la population belge qui bénéficient de l’aide. Les Allemands par contre craignaient la popularité du Comité National en Belgique.
 
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De gauche à droite, M. Rodrigo de Saavedra y Vinent, marquis de Villalobar, Ministre Plénipotentiaire espagnol; M. Brand Whitlock, Ambassadeur des États-Unis en Belgique; et M. Maurits van Vollenhoven, Chargé d’Affaires des Pays-Bas.
 
Les actions du marquis de Villalobar et de la Légation d’Espagne s’étendaient à trois domaines : la diplomatie, le ravitaillement et divers services et interventions personnels. Ces actions s’inscrivaient toujours dans un discours patriotique. Le marquis voulait honorer Alfonso XIII et l’Espagne. Mais l’honneur et la bienfaisance étaient aussi très importants pour lui-même. La persévérance de Villalobar était infaillible. J’ai trop peu de temps pour vous expliquer en détail les actions extraordinaires du marquis de Villalobar pendant la guerre, mais je vais vous donner quelques exemples dans chaque domaine et vous montrer aussi à quel point ces domaines étaient interconnectés.
 
En 1915, les autorités civiles allemandes créèrent à Bruxelles une division diplomatique, dirigée par Oscar von der Lancken-Wackenitz. C’était la reconnaissance officielle de la présence de diplomates neutres à Bruxelles. Dans ce groupe de diplomates -où il y avait par exemple les représentants de l’Italie, de la Perse, de la Hollande et bien sûr des États-Unis-, le marquis de Villalobar occupait une place préférentielle, celle de Président officieux. Il était l’ami de von der Lancken, mais les autres diplomates se tournaient aussi vers lui en cas d’incident. Fin septembre 1915, un réseau de résistance fut découvert en Belgique par les autorités allemandes. Un architecte belge, Philippe Baucq, une infirmière anglaise, Edith Cavell, et trois dames françaises, Marie de Croÿ, Louise Thuliez et la baronne Jeanne de Belleville, furent arrêtés parce qu’ils aidaient les soldats alliés blessés à rejoindre les troupes. Il y avait déjà eu des cas semblables auparavant et Villalobar et Whitlock purent, avec succès, convaincre le gouverneur général et von der Lancken de diminuer les charges et de traiter convenablement les prisonniers.
 
Cette fois-ci ce fut différent. Le gouverneur général von Bissing était absent et les pouvoirs militaires agirent plus rapidement et cachèrent qu’ils allaient exécuter la sentence immédiatement après le procès des membres de la résistance. Alors que Brand Whitlock était gravement malade, son avocat reçut la nouvelle qu’Edith Cavell allait être exécutée quelques heures plus tard. C’était le 11 octobre 1915, très tard dans la soirée. Le marquis de Villalobar dînait avec le baron Léon Lambert. Whitlock envoya son avocat de Leval le chercher chez Lambert. Le marquis se rendit immédiatement avec deux représentants américains chez von der Lancken qui lui dit qu’il ne pouvait rien faire parce que les militaires coordonnaient cette action. Le marquis de Villalobar était furieux. Il s’exclama qu’Edith Cavell enverrait plus de soldats au front depuis sa tombe qu’elle ne l’aurait fait depuis sa clinique. Il exigea que von der Lancken téléphone au Kaiser, mais von der Lancken refusa. Par contre, il fut d’accord d’aller plaider pour le sort de Madame Cavell et de l’architecte Baucq chez le gouverneur militaire von Sauberzweig. Ce dernier ne voulut rien entendre au sujet d’un pardon et quelques heures après que la délégation ait quitté les militaires, Edith Cavell et Philipe Baucq étaient exécutés. Ce fut un drame. L’impact de la mort de Cavell fut énorme, juste comme le marquis l’avait prévu. Il n’avait pas pu sauver la vie de Cavell et de Baucq, mais grâce à ses interventions les vies d’autres membres du réseau de résistance furent sauvées.
 
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 Edith Cavell, infirmière britannique condamnée à mort pour avoir caché deux centaines de soldats alliés dans un hôpital.
 
L’année suivante, 1916, fut une année remplie d’actions humanitaires. Le marquis de Villalobar et Brand Whitlock négocièrent continuellement avec les Belges, les Alliés et les pays de l’Axe pour assurer le ravitaillement. Ils organisèrent même à une occasion un entretien à la Légation d’Amérique où ils passèrent littéralement sans cesse d’une pièce à l’autre, l’une où se trouvait une délégation allemande et l’autre une délégation belge. Le marquis savait jouer ce rôle de médiateur bien mieux que les autres représentants neutres. Avec Alphonse XIII et l’Ambassadeur d’Espagne à Berlin, il s’opposa à la déportation de chômeurs belges qui avait commencé en 1916. Les déportations diminuèrent et la Légation put envoyer des colis et des livres aux personnes qui devaient rester en Allemagne.  Ils s’occupèrent également du sort des professeurs gantois Henri Pirenne et Paul Fredericq, qui étaient emprisonnés en Allemagne, parce qu’ils avaient protesté contre l’usage du néerlandais à l’Université de Gand. Après cette intervention, ils purent vivre librement dans la cité universitaire de Jena. Le marquis de Villalobar prit même part dans plusieurs négociations de paix en 1916 et 1917, parce qu’il avait de bons contacts avec le Roi des Belges, les Allemands et les Alliés. Le marquis souhaitait ardemment la paix, car il était tous les jours confronté à la misère des Belges. Malgré ses efforts, le marquis n’arrivait pas à réaliser son rêve: la paix avec des conditions favorables pour la Belgique et un rôle important de médiateur pour l’Espagne.
 
Il persista et poursuivit ses efforts. Quand au début de 1917 les États-Unis entrèrent en guerre, cela constitua non seulement un danger énorme pour le ravitaillement de la Belgique, mais aussi un drame personnel pour Brand Whitlock et Villalobar. Whitlock dut quitter Bruxelles et le marquis y resta tout seul, s’occupant, en plus, des nationalités et du patronage des organisations humanitaires. A la place de la Commission for Relief in Belgium, fut fondé le Comité Hispano-Néerlandais. Le marquis de Villalobar et Maurice Van Vollenhoven étaient les Ministres protecteurs de l’organisation. Dans ses lettres privées, j’ai trouvé plusieurs fois la même expression, que le marquis utilisait pour décrire l’énorme travail réalisé au cours des années 1917-1918: il se sentait comme un bardot qui s’occupait de tout. Il ne dormait que trois heures par nuit.
 
Après le départ des Américains, la Légation d’Espagne et le marquis de Villalobar devinrent encore plus populaires chez les Belges et les demandes diverses ne cessaient jamais. C’est à ce moment que le marquis reçut le nom de ‘Défenseur des Belges’ dans la presse et dans la correspondance. Il s’occupait vraiment de tout : une garden party en faveur des orphelins de guerre, la protection des chevaux de race de la famille Janssen, la disparition du facteur de Malines, la protection du Château de Namur, les pièces des Musées bruxellois,… Le marquis risqua même de mettre ses relations diplomatiques en danger en utilisant la valise diplomatique pour transporter toutes sortes de lettres personnelles. Tout cela ne fut possible que parce que toutes les parties croyaient que le marquis de Villalobar était leur allié.
 
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Carton d’invitation à un acte de bienfaisance organisé par le marquis de Villalobar, à l’époque envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire d’Espagne en Belgique.
 
Je termine par une anecdote. Au début de la guerre, un paysan flamand amena Jules Macaire, un soldat français blessé, à la Légation espagnole, parce que Villalobar avait accepté de représenter les intérêts français en Belgique. Le soldat fut soigné et il travailla même quelque temps comme portier à la Légation. Finalement, il reçut un passeport au nom de ‘Julio Sanchez’ et il put retourner au front. En même temps, von der Lancken écrivait chaque année dans ses rapports que Villalobar était son plus grand et distingué allié à Bruxelles… il ne savait de toute évidence pas que pendant plusieurs mois, à chaque fois qu’il se rendait à la Légation, c’est un Français qui lui ouvrait la porte!
 
Le marquis de Villalobar put développer des actions aussi variées pendant la guerre, parce qu’il était vraiment : amigo de todos y aliado de ninguno. Après la guerre, il reçut plusieurs hommages et insignes d’honneur. L’un d’entre eux fut un livre d’or avec tous les noms des personnes qu’il avait sauvées et aidées. Ce fut le cadeau qu’il apprécia le plus. En 1921, la Légation d’Espagne à Bruxelles devint Ambassade. Le marquis de Villalobar, Ambassadeur d’Espagne à Bruxelles, décéda en service cinq ans plus tard.
 



 
 Arrivée de la dépouille de l’illustre marquis de Villalobar, Ambassadeur d’Espagne en Belgique jusqu’à la date de son décès, survenu à Bruxelles. Source: Quotidien ABC de juillet 1926 (Photo Zegri).
 
Ce court exposé n’a pas pu montrer en détail l’ampleur de ses actions pendant la guerre, mais je crois que le texte écrit sur le monument Villalobar à Bruxelles résume bien la gratitude du peuple belge: Si ses cendres ailleurs à tout jamais reposent, cette terre du moins garde son souvenir. Il donna tout son cœur à ce peuple martyre quand la guerre écrasait les âmes et les choses.
 
Si vous voulez voir d'autres photos du marquis de Villalobar et de son séjour à Bruxelles, vous pouvez visiter notre galerie d'images.

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Buste du marquis de Villalobar (en haut à gauche) qui se trouve au Sénat belge.
 
Statue du marquis de Villalobar (en haut à droite), en souvenir d’une fête organisée le 8 septembre 1917 à Val-Duchesse au profit des orphelins de guerre belges et français.
  
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LOZANO, Á. (2009): Le marquis de Villalobar. Travail diplomatique (1914-1918). Editions El Viso, Madrid. ISBN: 978-84-95241-72-6.
 
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 VAN BOSSTRAETEN, T. (2008): Bezet maar beschermd. België en de markies van Villalobar tijdens de Eerste Wereldoorlog. Acco, Leuven. ISBN: 9789033471162
 

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